Actualités / Prévention au travail

PRÉVENTION AU TRAVAIL

Accidents du travail mortels en France : après le drame de Pommard

Publié le 2 juin 2025 · 3 min de lecture

Les accidents du travail mortels restent une réalité trop souvent occultée en France. Le 13 mai 2025, à Pommard, en Côte-d’Or (21), trois ouvriers de 45, 56 et 58 ans ont perdu la vie, écrasés par l’effondrement d’un mur sur le chantier d’un bâtiment agricole. Ce drame a mené à l’ouverture d’une enquête pour « homicide involontaire dans le cadre du travail ».

Chantier de construction sécurisé, illustration du bilan des accidents du travail mortels en France

À RETENIR

  • 759 décès au travail en 2023 selon l’Assurance Maladie, soit environ deux par jour en moyenne.
  • Selon la CGT, le bilan réel dépasserait 1 200 morts par an, hors périmètre des statistiques officielles.
  • Construction, agriculture, sylviculture et pêche concentrent plus de 50 % des accidents mortels en 2023-2024.
  • La prévention est une obligation légale et un investissement : chaque euro investi rapporte 2,2 euros.

Pommard : un drame qui rappelle une réalité occultée

Ce tragique événement a bouleversé la tranquillité de la ville. Il rappelle aussi cruellement qu’en France, la question des accidents mortels sur le lieu de travail est loin d’être résolue.

Accidents du travail mortels : des chiffres alarmants mais incomplets

Les données dressent un tableau préoccupant de la sécurité professionnelle dans l’Hexagone. Ainsi, 84 personnes sont déjà mortes au travail en France depuis janvier 2025.

Les chiffres officiels de l’Assurance Maladie pour 2023 font état de 759 décès sur le lieu de travail. Ils sont en hausse par rapport à 2022, qui était déjà une année record. En moyenne, deux personnes perdent la vie chaque jour en France en raison de leur activité professionnelle.

Un bilan réel sans doute plus lourd

Ces chiffres, bien qu’alarmants, ne racontent pourtant qu’une partie de l’histoire. La CGT estime en effet que le bilan réel dépasse les 1 200 morts par an. Les statistiques officielles n’incluent pas, notamment :

  • les accidents de trajet ;
  • les décès dus aux maladies professionnelles ;
  • les agents de la fonction publique ;
  • les auto-entrepreneurs.

De plus, les malaises mortels, souvent des morts subites dues à des infarctus, représentent désormais plus de la moitié des accidents du travail mortels recensés. Ils touchent principalement les hommes, qui constituent 93 % des victimes. L’âge médian de ces victimes est de 51 ans.

Les secteurs et les publics les plus exposés

La construction, l’agriculture, la sylviculture et la pêche figurent parmi les secteurs les plus à risque. Ensemble, ils représentent plus de 50 % des accidents du travail mortels survenus en 2023 et 2024. Par ailleurs, les jeunes de 15 à 24 ans et les travailleurs ayant peu d’ancienneté sont particulièrement vulnérables aux accidents du travail.

Au-delà du fait divers : un coût humain, social et économique

Le drame de Pommard illustre une réalité trop souvent minimisée. Les accidents mortels au travail ne sont pas de simples « faits divers », mais un profond « fait de société ». Selon la ministre du Travail et les élus, ces décès témoignent d’un système dans lequel la « course aux profits » peut primer sur la vie humaine, par manque de protection ou de règles strictes.

Les conséquences de ces accidents dépassent largement le drame personnel. Leur coût socio-économique est considérable : il est estimé à 2 à 3 % du PIB pour les dépenses d’assurance sociale.

Pour les entreprises, des coûts indirects s’ajoutent aux indemnisations : perte de productivité, retards, dégradation de l’image. Ces coûts indirects peuvent être 3 à 5 fois supérieurs aux coûts directs. À titre d’exemple, un seul jour d’absence coûte environ 300 euros, et un accident grave jusqu’à 93 000 euros.

La prévention, un investissement essentiel

Face à cette urgence, la prévention s’impose à la fois comme une obligation légale et comme un investissement rentable. En effet, chaque euro investi rapporte 2,2 euros.

Le « Plan pour la prévention des accidents du travail graves et mortels 2022-2025 » du ministère du Travail vise à cibler les publics à risque : jeunes, nouveaux embauchés et intérimaires. Il cherche également à renforcer les leviers de prévention, qui reposent sur :

En brisant le silence et en plaçant la lutte contre les accidents du travail graves et mortels au cœur de nos préoccupations, nous pouvons collectivement bâtir un avenir où la vie de chaque travailleur sera véritablement protégée.

Expert R et Expert A

SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL

Besoin d’un appui en prévention des risques ?

Notre référent SST externalisé vous accompagne pour définir, planifier et suivre vos actions de prévention, au plus près de votre activité.