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PRÉVENTION AU TRAVAIL
Évaluer les risques : le 2e principe de prévention
Publié le 2 avril 2024 · 4 min de lecture
Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités : c’est le 2e des 9 principes généraux de prévention. On pense naturellement au Document Unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et à son plan d’action. Pourtant, cette évaluation accompagne en réalité chaque action.

À RETENIR
- Le 2e principe impose d’évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités.
- Le résultat de l’évaluation doit figurer dans un Document Unique (article R4121-1 du Code du travail).
- L’évaluation hiérarchise les risques pour prioriser les actions de prévention.
- Choisir une méthode moins accidentogène, c’est déjà évaluer le risque en amont.
Évaluer les risques, une démarche au-delà du DUERP
Par définition, ce principe renvoie au Document Unique d’évaluation des risques professionnels et à son plan d’action. Cependant, au fil de nos expériences, un constat s’impose. L’évaluation des risques est inhérente à chaque action et à toute organisation de l’activité professionnelle.
Apprécier, analyser, évaluer le danger et l’importance du risque n’est pas donné à tout le monde. Forts de notre expérience et de nos compétences, nous expertisons les situations de danger.
Ainsi, nous donnons la priorité aux actions de prévention à mettre en place, grâce à une hiérarchisation des risques présents dans la structure. D’ailleurs, le résultat de ces évaluations doit figurer dans un Document Unique (article R4121-1 du Code du travail).
Peut-on agir avant le plan d’action ?
Avant même d’attendre le plan d’action du DUERP, ne pouvons-nous pas agir ?
La démarche de prévention a pour but de prévenir. Or, lorsque nous choisissons une méthode de travail moins accidentogène, une machine ou un produit, ce choix résulte d’une pré-analyse de la situation à venir.
Nous agissons donc en amont, plutôt que de réagir trop tard. Autrement dit, nous avons déjà évalué le risque qui ne peut être évité.
Le 2e des 9 principes généraux de prévention
Les 9 principes généraux de prévention sont issus de la directive européenne de 1989. Celle-ci a ensuite été transposée en droit français, dans le Code du travail. Ainsi, ces principes figurent aujourd’hui à l’article L4121-2 du Code du travail :
- 1° Éviter les risques ;
- 2° Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
- 3° Combattre les risques à la source ;
- 4° Adapter le travail à l’homme […] ;
- 5° Tenir compte de l’état d’évolution de la technique ;
- 6° Remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou l’est moins ;
- 7° Planifier la prévention […] ;
- 8° Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ;
- 9° Donner les instructions appropriées aux travailleurs.
Le deuxième principe consiste donc à apprécier la nature et l’importance du risque afin de déterminer les actions d’amélioration. Par ailleurs, la fiche de l’INRS consacrée aux principes généraux de prévention illustre chacun de ces principes.
Évaluer les risques : trois exemples concrets
Voici trois situations où l’évaluation a permis à nos experts de cibler les bonnes actions.
Travail sur écran : des moyens ergonomiques adaptés
Situation dangereuse : travail sédentaire sur poste informatique.
Risque : gêne, douleurs musculo-squelettiques, fatigue visuelle…
Application : après analyse lors d’une visite terrain, des moyens ergonomiques ont été mis en place (repose-poignet, repose-pieds…) pour les postes fixes. Ensuite, des stations d’accueil ont équipé les postes portables. Enfin, du mobilier à hauteur variable a été installé pour les postes partagés.
Retour d’expérience de l’experte C
Bruit en production : vérifier l’efficacité des protections
Situation dangereuse : exposition au bruit sur une ligne de production, avec une question sur l’efficacité des protections auditives.
Risque : gêne, perte auditive, nuisance à la communication…
Application : cartographie du bruit en zone de production et consigne adaptée de port des EPI. De plus, des protections auditives mieux adaptées à la situation réelle ont été retenues (filtres des bouchons moulés).
Retour d’expérience de l’expert B
Laboratoire agroalimentaire : réduire l’exposition chimique
Situation dangereuse : évaluation de l’exposition aux produits chimiques du personnel de laboratoire, lors d’une analyse accréditée dans le secteur agroalimentaire.
Risque : produits CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) et très toxiques.
Application : remplacement d’un réactif par un produit légèrement moins dangereux. Surtout, changement de méthode pour une exposition quasi nulle.
Retour d’expérience de l’expert A
Évaluer pour mieux prioriser
En résumé, évaluer les risques permet de hiérarchiser les actions et d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Pour réaliser ou mettre à jour votre évaluation, contactez nos experts.
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